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Devenir consom'acteur de la construction du monde de demain

Ça n'aura échappé à personne, nous sommes tous confinés. Privés d'une forme de liberté, nous sommes contraints de mettre nos vies sur pause. Face à nous-même, nous prenons, enfin, le temps de réfléchir.


Réfléchir à nos vies, notre existence, ce qui nous rend profondément heureux, et malheureux. Ce qui nous emplit de joie, et au contraire ce qui nous vide de sens. Réfléchir à sa consommation aussi. Car, même si pour le moment le temps est à l'abstention forcée et à la sobriété confinée, quid de demain ? Demain, quand nos portes se réouvriront sur l'océan de l'abondance et des tentations. Demain, quand nos vieux démons nous gratteront l'épaule pour nous diriger vers des achats compulsifs. Des achats compensatoires d'un manque accumulé pendant ces longues journées de contemplation. À moins que...ce manque n'existe pas.


A-t-on réellement besoin des choses que l'on achète ? Ces objets nous rendent-ils la vie plus légère et plus belle ou sont-il là pour nous éviter de réfléchir profondément au sens de nos vies ?


La question de la consommation est cruciale. Car, la crise que nous traversons est bien la crise de notre société et de notre économie, basée d'un côté sur une production sans vergogne et de l'autre sur la surconsommation. Rappelons nous du fabuleux essai de Bertrand Russel, l'Eloge de l'oisiveté, écrit en 1932. Il observe qu'au 19e siècle, les gains de productivité nous ont permis de fabriquer deux fois plus pour un même temps, diminuant de facto la somme de travail humain nécessaire. En a-t-on profité pour occuper son temps à se divertir ou se cultiver ? Non, on a fabriqué deux fois plus d'épingles, Mais, en avait-on seulement besoin ?


L'avidité est un poison qui gangrène le système dans lequel nous avons enfermé nos sociétés. Jamais rassasiés, jamais comblés. Mais le déraillement est criant. Chaque année, la limite des réserves de la planète se rapproche et les montages de déchets s'accumulent. Prisonniers du système, nous n'arrivons pas à agir collectivement. L'inertie est palpable. Mais le changement se joue t-il au niveau collectif, rien n'est moins sûr. Et si la solution se trouvait en chacun de nous, au coeur de nos vies. Et si, grâce à nos actes d'achat, nous pouvions changer le monde ? Une chimère ? Non, la réalité ! Imaginez à présent que chacun remplace son gel douche habituel par le traditionnel pain de savon ?Et hop, ce sont des tonnes de plastiques en moins dans nos océans. Imaginez que chacun décide de rompre son abonnement Amazon. Et hop, le chiffre d'affaire de nos libraires de proximité reprend des couleurs !


Bref, vous avez compris la logique. Prendre son rôle de consommateur à coeur, comme si l'avenir de la planète en dépendait. Voilà un enjeu primordial de notre succès collectif à gagner, et générer une société plus équilibré, harmonieuse, et saine.


Même si aujourd'hui nous sommes tous, fatalement, soumis à l'urgence de la crise, et que nous déployons des efforts louables pour trouver des solutions à court terme pour soutenir nos héros en première ligne, il en va de notre survie de préparer déjà la suite, l'"Après". Sinon, tout cela n'aura servi à rien. Sinon, tous ces malheurs seront vains.


Dans cette dynamique, il m'a semblé important de mettre en place un système de précommande des box, pour assurer une continuité à l'activité des artisans producteurs. En effet, cette période est très difficile pour eux. L'absence d'activité risque de mettre en danger la pérennité des entreprises. En achetant aujourd'hui, vous donnez donc de l'espoir aux artisans, qui se préparent ainsi à se remettre à produire dès que possible. En précommandant, vous assurez la survie de ces acteurs du monde de demain, un monde dans lequel les industriels auront cédé leurs places aux petits commerces et aux artisans. Un monde dans lequel nous serons reconnectés à notre alimentation, aux temps longs de fabrication. Un monde dans lequel nous serons patients, et nous réapprendrons à désirer ce que l'on souhaite.


Cette démarche peut sembler paradoxale. Mais pourtant, elle est essentielle. Moins consommer ne veut pas dire plus consommer du tout. Se servir de son achat comme d'un bulletin de vote, voilà le projet. À vos marques, Prêts !

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